Mais ou est donc passée mon insouciance (alimentaire)?

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Quand j’ai débuté ce blog, je l’ai fait pour informer un petit peu, autour de moi, sur l’intolérance au gluten, avant que ça soit cette « vague » que l’on connait maintenant. Pour montrer aussi aux nouveaux que c’était pas si compliqué.. bref je voulais rester positive, et ne pas faire peur.

Mais finalement la réalité est plus compliquée, et au lieu d’arrêter mon blog car je n’avais plus de conseils à donner (et on va pas se mentir, mes recettes sont simplissimes et pas à la hauteur des jolis blogs  culinaires qui font ça mille fois mieux que moi!!), j’ai amorcé un virage en documentant mes recherches, mon parcours et mes intolérances qui s’aggravent.

Ca se passe ICI, et ICI.

J’ai reçu suite à ça énormément de gentils messages de soutiens, de partage d’expériences identiques.. bref je ne regrette pas.

Et du coup, je ressort un texte. Je l’avais écrit il y a plusieurs mois sur un autre support, je ne voulais pas le mettre ici de peur d’effrayer les nouveaux. Et puis finalement.. je continue sur ma lancée et je vous le livre tel quel.

 

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis intolérante au gluten et produits laitiers.
Mais pas depuis toujours, j’ai eu une enfance et adolescence sans restriction. Je ne vais pas utiliser le mot “normal”, mes repas n’étaient pas normaux ils étaient juste…plus simples.
J’ai été ensuite malade, longtemps, beaucoup.
“C’est dans la tête madame”.
Ah.
Trouble digestifs en pagaille, vie sociale amputée, vie tout court, amputée. Ça aussi je raconterai un jour.
2008 une docteure regarde plus loin, me propose un truc, éviction du gluten. C’est quoi ça? Ben oui à l’époque pas de Lady Gaga ou de Miley Machin pour mettre ça a la mode.

Au début c’est dur, faut gérer la frustration.
Puis on franchit un cap et on ne bave plus devant les assiettes des autres, on fait avec ce qu’on a. C’est mon cas.
Je ne me lamente plus sur les baguettes de pain, les pâtisseries..mon mode de vie est parfaitement accepté et intégré dans ma petite tête. Je remercie chaque jour cette femme qui a changé ma vie.
Avec le temps j’arrive à cuisiner de bonne chose et me faire plaisir, compensant largement ce que je ne peux pas manger.

Ce qui est dur? L’insouciance. Elle est partie.

Chez moi, oui, je suis bien. Car j’ai un mari précautionneux qui veille, lorsqu’il mange du pain, a ne pas laisser de miettes etc.
Mais je suis devenue sensible, très sensible. La moindre trace de gluten est fatale pour mon corps qui met de plus en plus de temps à se remettre de chaque épisode de contamination.
Donc les resto, c’est niet, même en choisissant les plats naturellement sans gluten
Les repas à l’extérieur, chez des amis? Niet aussi. A cause de leurs casseroles contaminées, leurs ustensiles.. j’amène mon tupperware, même aux mariages. Ils ont l’habitude!
Mes deux refuges, mes parents et ma belle mère. La c’est les yeux fermés.

Chaque produits qui a l’air bien “tiens regarde ça, les ingrédients ont l’air bien?” Non..
“Tiens c’est un nouveau produit sans gluten” marque que je connais pas? Bon ben non alors..
Car j’ai peur, tout bêtement.
Sortie des sentiers battus, du quotidien et de mes produits habituels, chaque nourriture est un poison potentiel, même quand ça a l’air safe.

Comment on vit avec ça? En ne sortant pas des sentiers battus justement. Ou en prenant d’infinies précautions..
J’envie les gens qui n’ont pas à prévoir un calendrier: je goûte à ça vendredi soir comme ça j’ai deux jours pour m’en remettre si besoin.

L’insouciance m’a même quittée pour les produits sans gluten. J’ai testé un petit resto 100% sans gluten qui livre ses menus (même pas en rêve je teste un établissement “mixte”).
Avant de me lancer il a fallu que j’envoie mille tweets avec des questions.
Et malgré les réponses satisfaisantes…j’ai mangé avec des arrières pensées, avec la peur d’être malade ensuite.

J’ai deux ou trois bonnes adresses parisiennes mais pour chaque ça a été pareil, la première expérience est toujours un mélange, apprécier de manger une nouvelle chose, craindre qu’elle ne me rende malade.

Tout ça ne m’empêche pas d’essayer, de tester des adresses, des produits.
Car le plaisir de découvrir est toujours énorme.
Une nouvelle marque de bonbons pour vous c’est rien, pour moi c’est Noël et salto arrière!

Mais parfois ça mine le moral oui.

Alors je vais poster mes états d’âme ici et pas sur mon blog sans gluten, j’ai pas envie de décourager les “nouveaux” je crois. Mais ceux qui me suivent ici, les copinautes (j’aime bien ce mot, il est moche mais il décris bien) sans gluten, je pense que vous me comprenez.
Les autres, les qui mangent de tout..Vous comprenez aussi une petite part de moi désormais.

 

Ce texte est plus que jamais vrai puisque avec l’aggravation de mes symptomes, je doute désormais des choses qui avant ne me posaient pas de problème.

Mais je ne lache pas l’affaire! Je trouverai ce qui me rend malade et je suis déterminée à en retrouver un bout, de cette insouciance.

 

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