Gluten et vie de couple, quand des ajustements sont nécessaires [2/5]

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Quand le sans gluten arrive dans le couple, parfois cela se passe bien tout de suite (article n°1)

D’autres fois, une période plus ou moins longue d’ajustement a été nécessaire. Quand on ne le vit pas, il peut être difficile de comprendre ce que les intolérants ressentent, et tous les enjeux du régime.

Ceci dit sans jugement aucun, ça ne fait pas du conjoint une mauvaise personne, simplement cela demande double dose de diplomatie et communication, dans les deux sens.

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Jal (son témoignage complet ici)

Du côté du Mari..

Lorsque le diagnostic est tombé , il a été soulagé, presque content qu’enfin on ne me dise plus  «c’est les nerfs».

Ma mise à l’éviction stricte du gluten n’a été un problème pour personne à la maison.

Mon mari pensait qu’en 15 jours l’affaire serait pliée, que je n’aurai plus de crise. Au bout d’un mois donc, il fut très étonné de me voir toujours malade, car pour lui c’était sûr, les médecins s’étaient encore trompés. Il m’a donc fallu lui expliquer, encore et encore, que mes intestins étaient bousillés et que pour qu’ils guérissent il me faudrait plus d’un mois ou deux ou trois…

18 mois plus tard, je n’avais plus de crise alors mon mari m’a dit : «c’est bon maintenant, tu es guérie, tu peux remanger du gluten» … Encore une fois il a fallu que je lui explique que c’était à vie.. Chose qu’il n’avait pas imprimé.. Ou pas voulu.

Maintenant, c’est très clair, le peu de fois ou par erreur j’ingère du gluten et que je passe mes journées à souffrir en faisant des aller-retour dans la salle de bains, il sait d’où ça vient ..

Et c’est lui qui à présent prend ma défense dans les restaurants et m’achète mes petits gâteaux favoris …

On nous laisse comme ça avec la maladie et « démerde » toi , on oublie d’informer les conjoints et c’est à nous de le faire, ce n’est pas toujours facile.

Mais ça ne nous empêche pas de sortir, d’aller au restau ou chez des amis – je viens avec ma gamelle et c’est chouchou qui prévient.

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JM67, 34 ans, avait également témoigné ici

J’ai été diagnostiqué intolérant au gluten en octobre 2014 après plusieurs années de déboires digestifs sans trop savoir ce que c’était mis à part le « fameux » stress qui est responsable de bien des maux.

Et à cette date-là, j’étais en couple depuis presque huit ans avec la même personne.

Ce diagnostic a répondu à la principale question qui était de savoir ce que j’avais réellement mais elle a réussi à en faire apparaître bien d’autres du style :

  • comment je vais faire ?
  • où vais-je trouver les produits adéquats ?
  • vais-je y arriver ?
  • comment gérer ça dans mon couple ?
  • etc…

Quand vous êtes seul(e), ça peut encore assez facilement se résoudre car vous n’avez qu’un repas à préparer et il ne sera que sans gluten. Or quand il y a deux protagonistes dans l’affaire, ça se complique. Surtout quand la deuxième personne a la même réaction que ceux qui pensent que c’est une mode (« mais tu peux quand même en manger de temps en temps ?! », « ça ne te fera rien », etc…).

Donc on peut dire que les premiers mois voire la première année (pour moi) ont été très difficiles. Devoir se priver de beaucoup d’aliments consommés auparavant a été une épreuve très difficile à gérer surtout quand, en face, votre conjoint n’a pas à se priver.

Les disputes ont été plus fréquentes principalement liées à l’incompréhension de l’intolérance et de ce que ça entraînait pour moi.

Au fur et à mesure, les tensions se sont estompées mais à ce jour, restent encore présentes à ce sujet-là. L’acceptation de l’intolérance est là mais sa gestion n’y est pas à 100 %. Dans « gestion », je parle essentiellement de la connaissance liée aux contaminations croisées, aux modes de cuisson différents pour certains aliments, aux ingrédients à utiliser et à proscrire, etc…

Je peux comprendre que ça soit difficile à concevoir pour le conjoint mais il en va de ma santé.

Après j’ai de la chance d’avoir quelqu’un qui mange quasiment de tout (excepté le fromage… une hérésie pour moi ^^) et qui a la chance d’avoir un estomac et des intestins en béton armé.

Dans la vie de tous les jours, ça n’a pas trop changé les habitudes. C’était toujours essentiellement moi qui faisait les courses alimentaires et qui les fait toujours pour être sûr d’acheter les bons produits et de déchiffrer les étiquettes comme il faut.

Mon conjoint n’étant pas fervent adepte des fourneaux, c’est également moi qui manie poêles et casseroles. Il mange de ce fait sans gluten et ça n’a pas l’air de déplaire.

Après rien ne l’empêche de se faire à manger avec des produits interdits pour moi. Il faut juste que les ustensiles soient bien nettoyés pour éviter tout problème par la suite.

Et je ne dis pas qu’il n’y a pas d’effort de sa part au niveau de la cuisine sans gluten. Il m’est déjà arrivé de rentrer tard le soir et un plat était entrain de cuire. Pas un chef d’œuvre de cuisine mais suffisant pour un repas sans questions sur l’intolérance. Ça aide beaucoup.

Pour ce qui est de la communication liée à l’intolérance dans un couple, je dirais qu’elle est essentielle. Chez nous, malgré le fait que j’en parle fréquemment, il arrive encore à mon conjoint de poser la question si je peux manger tel ou tel aliment. Heureusement cela s’est raréfié avec le temps mais cela subsiste encore. Je préfère cependant qu’il y ait encore des questions plutôt que des réponses du style « je pensais que tu pouvais le manger sans problème ».

Donc on va dire qu’actuellement, la question de l’intolérance a été abordée, discutée mais nécessite encore des réglages ici et là dans notre vie de couple.

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Et quand on est célibataire, ça se passe comment? C’est l’objet du prochain article.

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